Roman de mer

Jaoul avant le grand départ

Résumé de l'ouvrage

     
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Genre : aventure en mer
Ouvrage de 196  pages A4 comprenant un glossaire pour les termes de marine

  Dans sa jeunesse, un homme de 55 ans naviguait en louant des voiliers pour des croisières rapides ; il était obligé de les remplir de monde par souci de rentabiliser sa location. Après plusieurs années, il renonçait à la navigation parce qu'il ne pouvait pas vagabonder comme il le souhaitait. Après diverses expériences de vie brièvement évoquées, il renoue avec ce qu'il lui semble être une vocation : le nomadisme océanique. Il sait qu'il lui faut naviguer en solitaire pour ne pas dépendre d'un équipage ou de l'attente d'une hypothétique compagne. Mais avant de se lancer dans un tour du monde, il veut s'éprouver en faisant une saison dans les îles Britanniques, il veut s'assurer que cette vocation n'est pas encore une chimère qui va le lâcher dans un arrière port des antipodes. Il veut en découdre avec ses démons, le « vieil étriqué » notamment avec lequel il se débat depuis tant d'années.
  Quand il se parle à lui-même, il s'appelle Lapin. Mot de tendresse, mais aussi provocation quand on sait que la coutume veut que ce mot ne soit jamais prononcé à bord d'un bateau parce qu'il porte malheur.
  Nous voyons comment l'adaptation à cette nouvelle vie est difficile pour lui, mais aussi source de joies intimes, profondes. Nous voyons comment il se fait rattraper par le « vieil étriqué » et comment il s'y prend pour tenter de le mettre hors d'état de nuire. Il a aussi des réminiscences qui nous le font mieux connaître.
Il nous fait goûter son intimité avec lui-même, avec la vie en mer, avec les éléments et les personnes rencontrées, comment il se débrouille dans la grande nature sauvage. Il nous fait voir aussi les fabuleux paysages d'Irlande et d'Ecosse.
  Et puis, comme tout ceux qui se mettent en jeu dans ce que la vie leur propose, le destin vient en aide. Il fait la rencontre d'une femme âgée, Louise Mc Leod  qui s'éprend de lui.  Il est d'abord réticent à se laisser aimer, puis il cède petit à petit. De Louise, il apprend à ne plus se bloquer dans des attitudes contraignantes. Louise est ce « loukoum magique », cette douceur qui dénoue et prévient les tensions inutiles.
  C'est le retour, la tempête et les calmes qui éprouvent le caractère. Il est parti de Fécamp, il remonte la Gironde jusqu'à Bordeaux où il va hiverner, préparer son bateau pour le Grand Départ et chercher une compagne. Car depuis la rencontre avec Louise, il sait qu'il ne veut pas partir seul. La remontée de la Gironde, le fleuve ses bruits ses odeurs, Bacalan et le « petit peuple de l'eau » : les gens qui vivent à l'année sur leur bateau. Et la rencontre avec Elodie, la compagne faite pour lui et lui fait pour elle.
  Et le Grand Départ ? Sans Louise, sans Elodie, il le sait, il n'y aurait pas de Grand Départ.
  Salut Lapin, salut Elodie !
  Et bon vent à vous.




Extrait du chapître 4


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4ième de couverture -->


                                                                                 
  — Illusion, illusion... À prononcer ce mot, je ne peux plus continuer de maintenir à bout de bras l'illusion d'être un gars capable de vivre le nez au vent, d'être un aventurier qui... Parfois, il me semble vouloir me conformer à un rêve idéalisé de liberté. Peut-être bien que je me force à être quelqu'un que peut-être je ne suis pas ? Peut-être que je crève de solitude et que je ne veux pas me l'avouer, hein ?
  — Mais ce midi, quand je me suis bien réjoui du bon coup de pêche, ce n'était pas un plaisir usurpé, j'étais dans ma vie ça j'en suis sûr, même si j'ai tenté de le faire perdurer, ce plaisir ! Et pourquoi faire perdurer le plaisir sinon pour cacher un truc pas net qui cherche à venir au jour.
  Le truc pas net qui m'empêche de jouir complètement de mon voyage c'est... C'est que... Bon Dieu, j'ai une terrible envie de rentrer ! J'ai envie de tout plaquer, de rentrer à la maison et de me coller devant la télé en grignotant une tablette de chocolat...
  Cette fois-ci, je comprends la présence de Claudine dans le rêve : celle qui balance... Le bateau c'est nul, ça sert à rien. J'suis pas un nomade, moi ! J'ai été trop bête pour y croire !
  Je suis envahi par un flot ininterrompu de pensées d'inutilité, de sensations de vide, de dégoût. J'ai envie de partir d'ici tout de suite. Je vais vendre Jaoul à Oban ou bien à Glasgow. Puis rentrer en train.
  Non, ça va prendre du temps, c'est beaucoup trop long.
  Après la vague de dégoût vient la colère. Je ne peux pas le supporter. C'est tout de suite que je veux arrêter. Je veux descendre du bateau et marcher sur l'eau jusqu'au rivage. Tout de suite !
  Et je ne peux pas. Je ne peux pas parce que ce n'est pas possible. La mer, quelle salope ! Une fois qu'on est parti, il faut aller au bout. On ne peut pas négocier !
  — Quelle salope ! Mais quelle salope !
  Je suis debout et je trépigne, je hurle (personne ne m'entend heureusement, sinon j'aurais encore eu la force de me contenir), je gueule des insanités à la mer, au bateau, à Dieu.
  — Ça ne doit pas beaucoup le gêner, Lui, puisqu'Il est tout amour ? Il ne va pas se fâcher si je l'engueule, hein ? Alors je le traite de tous les noms fleuris qui ornent souvent les murs des toilettes publiques. Merde alors !
  Au bout de mon impuissance et de ma colère, les digues finissent par se rompre. Sur mon visage l'eau dévale aussi salée que la mer mais bien plus chaude : les larmes.
  Ça dure un moment. Oh, oui ça dure un moment et ça fait du bien, bon Dieu !... Que ça fait du bien ! Puis la décrue s'amorce. Le torrent s'amenuise, devient ruisseau et finit par tarir. Je reprends mon souffle.
  Tandis que quelques pleurs s'attardent à vider ce qui me reste de larmes, je me revois enfant, bébé même, lorsque ça me prenait tout le corps...
  Quand j'étais dans l'action de pleurer, j'en oubliais rapidement la cause et j'observais le phénomène qui allait en décroissant jusqu'à mon dernier hoquet. Ensuite, ma mère s'empressait de me dire, pour me consoler, que j'avais eu un gros chagrin. Je ne croyais pas que c'était du chagrin parce que je n'en éprouvais alors plus aucune tristesse. Au contraire je vivais ça comme un nettoyage, une délivrance de quelque chose que j'ignorais et qui s'était amassé...
  J'ai le sentiment que la mer se comporte avec moi comme ma mère le faisait en ne cédant pas à mes caprices d'enfant et je suis surpris d'en éprouver de la gratitude.
  À présent, me voici soulagé. Je me sens comme neuf, libéré d'une tension qui s'était accumulée depuis je ne sais combien de temps et dont je crois connaître l'origine. Cependant, cette crise n'a rien à voir avec celle de Dunboy, dans la baie de Bantry, quand je me forçais à vouloir explorer tous les mouillages de la côte. Je crois plutôt à une tension qui s'est accrue depuis mon départ de France due à la fatigue bien sûr mais surtout à l'effort inconscient déployé pour me conformer à l'image du marin que je m'étais faite pour me complaire. C'était ce que le rêve tentait de me dire par le personnage de Chantal.
  La crise est salutaire, elle fait se craqueler les vernis. Mon corps rechigne, mon âme aussi. C'est la dure adaptation à cette vie qui se fait. Il faut du temps pour s'habituer.
Si j'ai choisi la mer comme terrain d'aventure, c'est qu'en aucun cas elle ne cède aux caprices de l'homme. Une fois parti au large, on ne peut rentrer sous l'effet d'une crise. Bien souvent la crise se passe avant qu'on ait pu rejoindre un port.
  Qu'en aurait-il été si j'avais engagé un vagabondage terrestre ? Eh bien, j'aurais pris le train, ou l'autocar pour rentrer chez moi. Je peux le dire pour l'avoir déjà fait. Et alors, adieu l'expérience de vie !

  Comme si le ciel voulait me faire un clin d'œil, il se dégage pour m'offrir une splendeur inattendue. Une trouée de couleurs roses et bleutées, un cœur flamboyant qu'ourlent les rougeoyantes volutes sombres des nuages, font miroiter un lac de mercure bordé d'éclats d'acier bleui.
  L'enchantement s'étale doucement et dure le temps que mon âme s'emplisse du spectacle et perde le souvenir de la tristesse qui l'habitait. Le long coucher de soleil aux couleurs chatoyantes qui s'attarde jusque vers dix heures du soir, achève de me réconcilier avec le voyage en me restituant une joie intacte.
  J'allume la lampe à pétrole du carré pour manger un morceau. Puis je la garde allumée toute la nuit.
  Une lueur pâle filtre à travers les hublots en tremblotant. La nuit est claire d'une clarté qui vient d'en bas comme une nuit d'hiver quand le sol est couvert de neige. Le miroir des eaux ne s'est pas complètement éteint à cause de l'aube qui se déplace à l'horizon…
  Silence dehors et chaleur confinée d'une nuit de Noël, souvenir des cartes naïves qu'on envoie pour la bonne année. Jaoul, maison isolée dont les fenêtres sont animées des éclats du feu de bois qui brûle dans la cheminée. Jaoul, lanterne du père Noël, lumignon perdu au milieu de l'océan qui dit qu'ici il y a de la vie, ici le voyageur fatigué et transi trouve chaleur et réconfort.
  L'enfant intérieur a su retrouver le chemin de mon cœur. Il s'attend à voir des petits lutins sortir de l'eau et, s'il tend un peu l'oreille, il entendra tinter des clochettes de cristal. Instant magique.
  — Jaoul, je t'aime !

  Une nuit de veille s'achève sans vent sur une mer calme et tranquille à peine ridée par mon sillage. La brume s'est établie, épaisse, et le jour se lève sur un horizon bouché. On n'y voit goutte. Je ramasse le spi plein de rosée. Puis je déroule le génois pour faire joli, car les voiles pendent, les écoutes sont molles et l'accastillage cliquette de nouveau. Jaoul est en panne. J'en profite pour faire un copieux petit déjeuner avec des tartines beurrées et de la confiture par dessus.
  Vers neuf heures, la brume ne semble pas si épaisse que tout à l'heure. Le soleil n'est pas loin.
  Une heure plus tard, elle disparaît pour me laisser au beau milieu d'une flottille de pêche. On dirait un vol de canards qui dort sur l'eau, ballotté par une faible houle. Je mets le moteur pour me dégager au plus vite ; faut pas traîner parmi les pêcheurs, leur route est si imprévisible qu'on risque l'abordage.








Postface


Je ne sais pas si j'ai écrit un récit ou un roman.
    Un récit, puisque tous les endroits visités sont réels, les émotions, les sensations liées au paysage, à la vie en mer, tout s'est passé comme il est écrit.
    Un récit, puisque toutes les réflexions de Lapin sont les miennes, ses rêves, ses attentes, sa vie passée et présente aussi.
    Un récit, puisque Jaoul, le mas abandonné, existe bien au bord d'une combe du haut Languedoc. J'y ai rêvé d'une vie rythmée selon le temps qu'il fait ainsi qu'il est dit au chapitre premier.
    Un récit, puisque Jean-Marc, Robert, Bob et Maureen, Bevinda, Marie-Christine et sa fille (elle est grande à présent) qui jouait à me fourrer des Chocos-Pops dans la bouche, sont des personnes que j'ai rencontrées longuement, amoureusement pour certaines. Toutes ces personnes sont réelles sauf leur nom.
    Et pourtant, c'est bien un roman  puisque je n'ai jamais navigué en solitaire avant l'écriture de celui-ci. Au début des années 80, j'ai été chef de bord dans une association. Ce sont les croisières de cette époque, mises bout à bout, que j'ai relatées dans cet ouvrage. Et Louise, Elodie, Angèle n'ont jamais existé.

    J'ai écrit ce livre pour tromper la longue attente d'un projet de navigation nomade autour de la planète que je n'étais pas sûr de pouvoir mettre sur pied. Sa rédaction s'étend sur cinq années à cheval sur le changement de millénaire.
    Maintenant Jaoul est là en « coque et en mât » amarré à l'année au ponton « N » du port de Carentan. Il fait partie de ma vie depuis que, à Caen, le dimanche 17 décembre 2006, sur la table du carré, j'ai signé le chèque d'acompte à ses propriétaires. C'est un voilier en aluminium de onze mètres à double dérives, très proche du Jaoul du livre.


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  Un Trisbal 36, un plan JP Brouns, fabriqué par les Chantiers Maritimes de Paimpol et Fécamp, à Fécamp même et immatriculé dans ce quartier maritime. Il est sorti du chantier en mai 1981. Jaoul a donc 26 ans.

    Quand j'ai pris en main Jaoul au sortir du canal de Caen, je pensais que j'allais être gagné par une joie expansive comme, il me semble, à chaque fois qu'on réalise un rêve. Eh bien non, ça ne s'est pas passé ainsi. J'ai plutôt eu un vrai coup de cafard. J'en avais déjà eu un avant goût quand j'étais rentré chez moi après la signature de l'acompte. Ne m'étais-je pas précipité, était-ce vraiment ce bateau-là dont j'avais besoin pour aller jusqu'en Patagonie et en Antarctique ? J'avais chassé ces humeurs noires en me disant que je n'avais pas les moyens d'acquérir un voilier mieux construit, plus récent et que celui-ci n'avait aucune raison de ne pas pouvoir remplir le programme. Je crois que c'est comme lorsqu'on achète une maison ancienne, on n'a pas complètement ce qu'on veut mais on sait ce qu'on peut en faire. Jaoul est un bon bateau, bien échantillonné et c'est parce que je n'avais pas encore inventé ma propre vie avec lui que mon âme s'est trouvée déstabilisée. J'ai eu tort de croire que l'achat du bateau pouvait être l'aboutissement d'un rêve alors que ce n'est que le début de sa réalisation.
    Parmi ces pertes d'âmes, il y a eu des joies. Elles sont comme des  bourgeons qui percent la dure écorce, froide de l'hiver. Elles sont les prémices des joies futures, vastes et généreuses. Voici:
    Pendant cette première navigation en baie de Seine, Jean-Louis, l'ancien propriétaire, était là pour  me montrer les réglages du bateau. Nous avons croisé trois dauphins au dos foncé, presque noir et vu des fous de Bassan en quantité ; j'ai été agréablement surpris, je n'en avais jamais vu tant en ces lieux. J'aime être parmi les habitants de la mer et jouir d'elle et de sa nature comme eux savent le faire.
J    'ai aimé me servir de la cuisinière à pétrole. Pourtant, beaucoup de gens n'aiment pas le pétrole et lui préfère le gaz. Moi, je ne savais pas. Maintenant, je  sais. J'aime l'odeur du pétrole, j'aime ces allumages qui demandent un coup de main particulier, un préchauffage à l'alcool qui, s'il rate, fait que le pétrole brûle mal en dégageant une fumée noire. Le pétrole chauffe beaucoup plus vite que le gaz. Pourquoi l'odeur du pétrole? Je ne sais pas. Un goût de vacances sûrement, de Glénan, un goût de liberté qui vient de la prime enfance, peut-être! Mais un goût de liberté, de grande liberté, de joie profonde, ça c'est sûr!...
    Et me voilà parti à revivre ce premier épisode avec Jaoul…
    Une casserole chauffe sur le réchaud qui ronfle tandis qu'un pâle soleil s'immisce par le panneau ouvert de la descente et vient me réchauffer la peau. Les voiles tirent sur les écoutes et les font grincer. L'eau clapote doucement sur la coque. Jean-Louis s'affaire sur le pont. A sa place, j'imagine une douce compagne à l'image d'Elodie dans le livre ; j'entends ses pas sourds. Le temps s'arrête… Instant d'éternité. Joie simple, mais joie. Et puis…  Zip, le vérin électrique du pilote tire sur le volet, un Fletner fixé sur le bord de fuite du gouvernail. La barre revient au centre... Zip. Le volet  tourne un peu et la barre bouge encore sans aide, sans que personne n'ait besoin de la tenir. En bas, on se réchauffe. Le radar veille  un large périmètre. Il prévient quand quelque chose le franchit. On bouquine, on casse une croûte. De temps en temps, je passe ma tête dans la bulle de Plexiglas au dessus de la table à carte. Rien. Le GPS dit qu'on en a encore pour une demi-heure sur ce cap. Je retourne bouquiner. Dans l'immense baie du Grand Vey au creux du Cotentin, l'eau grise clapote tandis que Jaoul s'immobilise dérives relevées. Pas assez d'eau. La mer tout autour et la côte au loin. Jean-Louis mouille la grosse ancre plate avec fracas. Un silence s'ensuit  tandis que Jaoul étale sa chaîne sur le fond. Puis un crépitement métallique, bref. De nouveau le silence. Et  la séquence se répète jusqu'à ce que Jean-Louis juge la longueur mouillée suffisante. Jaoul, de son talon de quille, tasse la vase. Jean-Louis dit qu'il n'aime pas ça. Je lui réponds que la vase est molle et que Jaoul ne va pas souffrir de tosser un peu. Et puis c'est marée montante, nous mouillons pour attendre d'avoir assez d'eau pour entrer dans le chenal. Nous sommes arrêtés au beau  milieu de nulle part. On pourrait descendre du bateau, marcher pendant un mille jusqu'au rivage avec de l'eau un peu au dessus de la ceinture. Nous descendons nous faire un jus… Odeur de pétrole. Etre chez soi au milieu de nulle part. Je suis chez moi, sans courir la mer, sans aller quelque part. Chez moi au milieu de l'eau grise qui clapote autour avec le ciel, gris lui aussi, et un vent frais qui me caresse le visage. Dedans la chaleur du nid, dehors le temps qu'il fait et ses attouchements vifs. Et nous... Et moi allant et venant de l'un à l'autre et m'arrêtant sur une marche de l'escalier de descente, la tête dehors et le corps dedans comme une tortue ou un escargot qui trimballe sa maison partout où il va…
Moments magiques et simples. C'est pour ces moments-là que j'ai accepté d'économiser de longues années durant et de dépenser le tout, d'un coup, dans quelques tôles en aluminium qui vont sur l'eau.
    Depuis, j'ai parcouru presque onze cent milles cette première année avec Jaoul. En solitaire puisque Elodie n'est pas encore là. J'ai eu quelques petites fortunes de mer qui m'ont découragé momentanément, comme des échouements, la perte de l'annexe neuve, la déchirure d'une voile, mais jamais plus de pertes d'âme. Je n'ai pas éprouvé de grandes joies non plus. Des petits bonheurs, cependant. J'aime être en mer, c'est à l'escale que ça se gâte. La solitude, et l'ennui qui pointe son nez.
    Un deuil se fait : celui du rêve de mer à la Antoine ou à la Moitessier nourri de mes lectures passées. Autre chose naît. Quelque chose qui a commencé sans que cela ne soit vraiment perceptible. L'amorce d'un changement. Une transformation. Celle, au fond, à laquelle j'aspire. La transformation de ma relation au temps.
    Il faut du temps pour changer de temps, pour passer de celui qui passe à celui qu'il fait. Vivre le temps qu'il fait sans avoir le temps qu'il faut devant soi, c'est difficile quand on a que les vacances pour naviguer. Ce serait impossible s'il n'y avait pas en perspective un temps illimité qui s'approche. Le temps de la retraite. Dans trois ans.
    Cependant une question reste en suspend… Et s'il n'y avait pas d'Elodie pour partir avec moi autour de la planète, partirais-je quand même, seul ?... La question est lourde et la réponse malaisée… Oui, je crois. C'est un petit oui pour le moment, mais j'ai encore du temps pour y réfléchir. On m'a dit que je la rencontrerai en route. Ça, par contre, je n'y crois pas. Les femmes de rencontre restent juste le temps d'une traversée. Moi, c'est un  « nous » sur la mer et  jusqu'au bout de la vie auquel j'aspire.


            Granville, le 11 novembre 2007,
            bloqué au port depuis cinq jours
            pour cause de mauvais temps.






Retours de lecture


Une femme  ancienne chef d'entreprise
Je viens de terminer la lecture de "Jaoul avant le grand départ".
Cette lecture m'a procuré une immense nostalgie. Comme une certitude d'avoir négligé ma vie et mon âme, de m'être dispersée et d'avoir omis l'essentiel.
J'ai de l'admiration pour cet homme, non ! pas de l'admiration.. plutôt, une impression de certitude, insoutenable, que c'est ainsi que l'on doit vivre et que vivre autrement, c'est déjà ne plus vivre..
Ce n'est pas de la chance d'avoir rencontré sur son chemin Louise, et ensuite Elodie. Le destin le lui devait. Il est probable que seules, ces deux femmes, ont perçu qui  il était.
Continue à chercher  Elodie. L'idée d'un éventuel échec dans ta quête, me rend profondément triste. Mais, si tu y parviens... fais-le moi savoir. J'en serais heureuse.
bises
Yveline.


Un gars qui vit à l'année sur son bateau à Port la Forêt
J'ai lu votre livre et j'ai apprécié ; vos états d'âme, votre ressentiment à tout ce qui touche la Nav et les relations que l'on fait au cours de périples sur l'eau .
Je l'ai passé à Patrick C, l'heureux propriétaire d'un autre Trismus .
Je bosse en ce moment avec lui . Je vous tiendrai au courant de son avis .
Amitiés , salutations océanes, à bientôt


Nabisgata, un navigateur
Je vous remercie de m' avoir fait parvenir cet ouvrage
cela m' a fait m' évader un bon moment et je l' ai lu avec délectation
ne connaissant pas les cotes d'irlande et d'écosse
il m' a fait vibré au son de la cornemuse  ( oui je l' ai lu avec un fond musical irlandais )
on ressent bien le cruel dilemme du marin partagé entre la solitude et la compagnie ces instants de bonheur partagés avec cet équipage français au fond d' un fjord et puis la louise on se prend a avoir de l' affection pour cette dame "sortie des âges "seule a comprendre  l' autre
non bien franchement je me suis régalé d' ailleurs il est déjà fini et je vous assure qu' il sera dans la bibliothèque du bord sous forme originale c' est à dire en E-BOOK et oui je fais partie de ceux qui naviguent électronique
c' est assez bien que l' on puisse embarqué moût bouquins en si peu de place
vos autres nouvelles m' interressent si cela vous dit de me les envoyer ce sera avec plaisir que je les lirais et  si cela ne vous dérange pas je le partagerai avec qlq amis navigateurs.
Cordialement Jean-René


Un navigateur écrivain
Salut Régis,
je bosse tjrs un peu trop, mais j'avance ds ma lecture, j'aime bcp ton
écriture, j'aime la simplicité et la lenteur des descriptions, ce n'est pas
du tout mon style à moi...mais des fois lors d'états d'âme évoqués, j'ai
retrouvé des sentiments que j'ai éprouvé...le plus grand défaut de ton livre
et en même temps ce qui donne son intérêt, c'est le champ d'action...qui
touche une région du globe seulement....
pour l'édition, rien ne vaut l'auto-édition, mais tu dois faire des salons
ensuite, des librairies et ne plus l'envoyer gratos aux copains...
je t'enverrai d'autres impressions…
…j'ai fini Jaoul dimanche dernier
je me suis régalé
la deuxième partie m'a étonné, cette recherche de la femme
c'est vrai que le texte mi-bateau, mi-intimiste est dur à éditer, car peur
de ne pas trouver un public, mais ce que j'aime moi c'est ton style
comparable à celui d'un paysan de la mer et tes délires ou je me suis
retrouvé, tu peux m'envoyer le second?
je bosse bcp tjrs en ce moment
amitiés de paris
jrc


Une institutrice
J'ai adoré ton roman, je te l'ai déjà dit et c'est sincère. Poursuis ton écriture c'est un ravissement.


Une navigatrice
Tout ce que tu écris me plait. Je suis émue ....
J'ai mal aux yeux, mais j'y retourne.


Une prof d'anglais
Bonjour Régis
Ca y est, j'ai embarqué sur Jaoul. Wow!
J'aime beaucoup cette attention aux détails infimes, sons, mouvements,
...c'est un état de grande réceptivité. ... et aux détails concrets,
alliance du côté pratique et du rêve.
Sans compter quelques 'trucs' que j'apprends, comme le vaporisateur...et de
belles images comme 'la flamme habille mon silence' (je cite de mémoire...).
Je me sens très en phase avec tout ça et je reconnais beaucoup de choses qui
font que j'aime la voile. Ton démon à multiples facettes, la précipitation
et l'ennui, m'a rappelé un poème que j'ai écrit il y a quelque temps, sur le
thème: 'La mer c'est...', où je reprends quasiment ces termes là. Il faudra
que je le retrouve.


Une journaliste
J'ai avancé dans ton manuscrit. Je me suis régalée avec certaines descriptions, je suis du côté de Bantry Bay. Plus j'avance, et plus je trouve ton style abouti. Il évolue au fur et à mesure que tu avances dans ton histoire. Je suis ravie de te lire, je te reconnais et j'aime bien que tu t¹appelles « Lapin », la façon dont tu te secoues pour ne pas perdre pied. Belle leçon pour moi et je voudrais que tu fasses partie de mes amis proches.
Hier soir, j'ai repris ton manuscrit. J'ai été très touchée par l'histoire
avec Louise. Pure fiction ou réalité ? J'aurai terminé d'ici qq jours



Une secrétaire
Je pensais travailler au ralenti, quand tu m'as transmis, plus vite que l'éclair, ce beau récit. J'ai pu ainsi  lire tt de suite, quelques chapitres entre les impératifs de ma fonction, puis le reste chez moi. Heureusement que personne n'est entré pendant que je te lisais. Je suis passée par tous les stades émotionnels, de l'étonnement, aux yeux rougis et aux éclats de rire (étouffés quand même), car tu as cet humour-dérision qui me ravie (j'ai repéré p.70-86-91-104-105-106). Merci pour ce beau cadeau.
Alors moi je lui ai confectionné une couverture (de substitution) pour le protéger , sur bristol couleur gris-bleu et j'ai demandé qu'on me relie les feuillets.


G.  un navigateur
Salut Régis,
voilà j'ai fini ton premier envoi, je ne sais pas si tu es parti , pas revenu ou encore au port, j'ai aimé ton livre, j'aime se mélange de vécu et de roman (c'est toi qui m'as dit que c'est un mélange des deux).Le mélange n'est pas facile mais tu as réussi à m'emporter dans ton histoire. On ne sait plus trop ce qui est vécu et ce qui est imaginaire. En fait tout semble vécu, si ce n'est pas dans les faits et les circonstances en tout cas dans les sensibilités. Disons que je retrouve des sensations, des sentiments. Je ne dois pas être le seul a te l'avoir dit. Si tu ne m'avais pas dit qu'il y a du roman dans ton livre tout aurait pu être considéré comme réel. Peut être en se disant : "là il a poussé un peu". Je suis impatient de lire la suite, car je suis sur la faim avec l'arrivée d'Elodie.....
Alors, si tu as la gentillesse de pouvoir envoyer un autre volume avant la fin juillet je pourrais le lire durant mes congés, sur l'eau et visiblement  sous l'eau .A bientôt et merci encore !
Philippe


Jérome, un navigateur
Bonjour Régis,
J'ai lu "Jaoul avant le grand départ". Tu m'as demandé de formuler un avis. Il s'agit de mon humble avis, de celui que j'avais formulé également (mais avec les corrections, à l'époque) pour la rédaction d'"Histoires de partir" des Nieutin. Attention, demander aux lecteurs de donner leur impression comporte quelques risques qu'il te faut assumer !
Alors, allons-y, et de manière plutôt franche. Pardon par avance de cette franchise :
  • Sur la forme : j'ai trouvé ton ouvrage bien rédigé, un style agréable à lire et surtout sans la moindre faute d'orthographe, ce qui est plutôt rare. J'y suis sensible... J'ai trouvé les descriptions agréables et bien formulées
  • Sur le fond, j'ai trouvé la partie nav en solitaire plutôt longue parce que manquant de repères. Tu as décrit des lieux qu'on ne peut visualiser. Cela aurait mérité une carte, une vue de la progression. Cela a commencé à s'animer pour moi au moment des rencontres, surtout avec Louise. De vraies émotions ! Pas de fausses pudeurs, des sentiments vrais et sans tabous. A partir de là, j'ai lu la fin d'une seule traite et avec beaucoup de plaisir (attention ! Le reste n'était pas désagréable, mais je l'ai trouvé moins rythmé).
En synthèse, un ouvrage en deux parties. L'une consacrée à la recherche personnelle de l'auteur dans le cadre de la navigation, la deuxième plutôt consacrée aux rencontres avec les aspects marins en mineur. Le tout agréable à lire.
Je n'ai pas encore lu le journal de mer.  Si tu le veux bien, transmets moi "L'ours des Dieux n'est pas attentionné". Profite bien de Jaoul...
A bientôt!
Jérôme


Yvon, un navigateur
Bonsoir Régis,
En plusieurs étapes j'ai lu ton livre que je viens de terminer à l'instant.
Sans te passer la brosse à reluire, j'ai adoré. C'est très bien écrit, vivant, bien que romancé. J'ai apprécié les descriptions des paysages, tes ressentis, tes coups de bourdon et ta rencontre avec Louise. Ah Louise, j'aurai aimé également la connaître. Mais n'a-t-elle jamais existé ? C'est là tout le mystère d'un bon livre.
Je ne m'étais pas régalé de lire un livre sur la mer, depuis « Le Cercle Celtique » de Björn Larsson que tu dois certainement connaître.
Je ne sais pas si tu rêves quand tu es sur ta planche à dessins à l'Equipement. Dans cette hypothèse, écris-nous en un autre et pourquoi pas de te faire éditer. Tu en as tout le talent.
Pour l'heure, je t'adresse ainsi qu'à tes proches (ta dulcinée également …) mes sentiments amicaux les meilleurs et te souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d'année. Même si parfois, ces jours sont durs à passer quand on à le vague à l'âme.
Bien à toi.
Yvon


Eric 41 ans, navigateur, prof et sculpteur
Bonsoir Régis
Dans ma petite maison, sous un ciel gris et froid, installé dans la cuisine à côté de la cuisinière en fonte dans laquelle crépite un bon feu, j'ai savouré de me laisser emporter dimanche dernier dans le sillage de Jaoul.
Il m'accompagne toujours et je pense pour longtemps et déjà pour cela je te remercie.
Bien au-delà de l'histoire de mer, d'une navigation solitaire si riche pour moi en expériences, Jaoul est pour moi une histoire, une tranche d'humanité.
L'humanité d'un type qui te ressemble sûrement beaucoup, un personnage de force et de courage mais aussi de faiblesse et d'une si grande sensibilité, avec une belle et pure émotivité, un homme qui se cherche, se trouve et se découvre à travers l'alternance de longs bords au large et de rencontres riches et fondamentales portant en elles la vérité….
…Il y a eu la Longue route et petit à petit j'ai compris qu'il n'y avait plus sur terre cet ailleurs idéal, en tout cas qu'il n'avait plus cette forme idéalisée. Pour moi pour qui le bateau ne devait être qu'un moyen de transport en aller simple, je découvrais que cela n'avait plus de sens et en même temps, au fil de mes navigations côtières, je devenais de plus en plus amoureux de l'océan…
…Et puis avec toi, c'est maintenant Jaoul qui m'entraîne dans de nouveaux sillages et ce nouveau voyage à pour moi autant de valeur, autant de saveur.
L'histoire de Jaoul est pour moi aussi riche d'enseignements nautiques que celle de Joshua et je reconnais en toi un grand marin. Ton récit est un guide technique, simple et profondément honnête et en cela il est précieux. Mais ton récit est aussi, bien au-delà, un chemin, un chemin rêvé, chemin compris, chemin découvert au fil des milles et des rencontres. Elle est tellement adorable ta Louise ! Comment après sa rencontre rester le même ?!
Sur les quelques photos de ton beau bateau Jaoul, j'ai cherché une petite peinture accrochée dans le carré. Je crois que je l'ai vue, en tout cas je veux le croire...
Ce chemin de marin solitaire, ce chemin qui est-je crois si proche du tien, je l'ai un peu croisé, entre-aperçu la saison dernière, comme une ombre, comme une balise qui disparaît à nouveau dans la brume.
Dans cette première expérience de marin solitaire dont j'avais tant rêvé depuis si longtemps, sont apparues furtivement certaines balises qui ont parsemé cette route.
Une longue route, une route contemporaine et profondément humaine, une route qui je l'espère sera longue encore.
Merci Régis pour ton récit, pour ton chemin partagé, pour ton récit de la vie, pour ces balises de nos futures cartes marines.
Bien amicalement
Eric


Thierry, un navigateur,dans une recommandation de lecture sur le site Hisse-et-oh.com
Certains matelots ont à la fois l'envie mais aussi le talent littéraire de nous conter des histoires marines bien plus longues et consistantes qu'un simple « fil ».
Pour ceux qui naviguent dans la baie de Seine et connaissent ses multiples attraits, mais qui regardent vers le nord et ses mystères.
Pour tous ceux qui savent déjà où se trouve Porth Cressa et qui se demandent ce qu'il y a plus au nord…
Enfin pour les matelots qui savent déjà qu'ils prennent du plaisir à naviguer en solo dans ces régions prétendues hostiles sans savoir pourquoi au fond d'eux même, et qui restent persuadés que la réponse ne peut être que personnelle…
Je me permets de recommander la lecture du vrai livre que nous propose le matelot « jaoul », presque 200 pages de prose sur ces thèmes.
Ce livre s'appelle « Jaoul avant le Grand Départ », il suffit de le demander à Régis.
Bonnes fêtes de fin d'année et bonne lecture !


Vieil Ours, un navigateur
Salut l'écrivain!
Je suis à lire ton bouquin: Je me régale, tu ne peux pas savoir.
J'apprécie énormément ton approche philosophique de la solitude, du "keskej'foulà", enfin ces contradictions qui nous gâchent parfois la vie, mais qui sont si ancrées en nous.
Je n'avais jamais réussi à analyser cette chose et je suis bien content que quelqu'un d'autre soit aussi tourmenté que moi.
C'est très bien écrit, c'est facile à lire et ça veut dire quelque chose.
Merci de tout ça et si tu écris encore, j'achète!
Bien amicalement, Alain


Fabien dit CaptainJack
Merci Régis et bravo pour ton roman. J'ai super aimé et j'arrive à me mettre dans ta peau par moment, on a beaucoup de similitudes ! Je partage aussi mes repas avec la mer, moi j'imagine que mes ancêtres marins pêcheurs morts en mer en profite! C'est con mais j'aime le croire! Encore merci et à un de ces jours peut être !
Fabien


Gilbert du voilier Shundo
J'ai vraiment passé un très agréable moment à la lecture de ton roman je t'en remercie.
Gilbert


Pascale dit Pépette, équipière
Bonjour Régis
Je viens de finir ton livre, j'ai bien rigolé à certains passages et pas mal pleuré à d'autres aussi. C'est pas bien ça de faire pleurer les filles, vilain garçon ! Mais les filles ça chiale pour un rien, alors...Non, sincèrement j'ai beaucoup aimé parce qu'évidement y'a plein de renvois à des moments que j'ai vécu en mer et en escales, des cheminements de la pensée qu'on a parfois complètement décalés de l'instant qu'on vit.. Je disais à un ami, qu'à part les amoureux de la Mer, qui donc pouvaient aimer ces histoires-là ? Il ne l'est pas (si il aime la Mer, mais comme un terrien) et comprenais mon interrogation, car lui ça l'aurait fait chier. Maintenant que j'ai fini ton livre, je pourrai lui dire qu'en fait (c'est mon impression perso), c'est très bien dosé entre nav (qui ne parlent pas qu'aux "initiés" sans tomber dans la leçon technique et donc très abordable), des découvertes et descriptions de lieux, de gens, d'atmosphère, tout ça quoi, même quand on a fait pataugas avant dock-side, et qu'il y a aussi une belle part donnée à des interrogations intérieures que tout le monde a. Forcément plus exacerbées lors ... des quarts de nuit !Mais les réflexions de quart de nuit on peut les vivre à terre aussi....Bref, j'espère que tu pourras l'éditer. Et puis comme tu l'expliques, ce sont des morceaux mis bout à bout, des moments réels ou d'autres imaginés, et j'ai trouvé que c'était joliment fluide. Chapeau, d'avoir réussi à transcrire des impressions de solitaire quand t'es en équipage. Je pense que c'est un autre état d'esprit, radicalement différent et pas évident à faire comprendre sans tomber dans le sillage des Moitessier et consort. Que j'admire mais j'ai parfois des réticences.
Bon allez aux plumes, je t'avais dit que ton bouquin me foutrait le cafard, je l'ai voulu, je l'ai eu !
Amitiés,
Pascale


Jean Gousseau, navigateur
Cher Régis,
Comme promis, je t'écris car je viens de finir la lecture de ton livre. Je suis encore tout ému de cette histoire qui n'a cessé de m'émouvoir tout du long, tant ce qui y est raconté me touche...Les questionnements, les émotions, l'aspiration à la vie , la jouissance de l'instant, un besoin de recul... la découverte d'une certaine "vérité" et d'un mystère bien plus grand.
Si j'avais le talent et le courage pour ça, je pense que c'est le genre d'histoire que j'aurais aimé raconter. Peut-être y aurait-il des choses à améliorer au niveau de la construction du roman, de son rythme, encore que je n'en sache rien... Par exemple, j'ai souvent été captivé par les moments où le personnage (toi...) se remémore des tranches de sa vie passée qui l'ont conduit là où il est, ou qui le poussent à agir d'une certaine façon dans le présent. Je trouve qu'à ces moments l'histoire acquiert une certaine profondeur et casse un peu la linéarité du roman.
Reste que tu racontes merveilleusement la vie en mer et que tu fais vivre de véritables instants de bonheur marin à tes lecteurs, et peut-être plus particulièrement à ceux comme moi qui sont frustrés d'attendre le moment où l'aventure sera possible... Pour tout ça donc, merci. Je te souhaite de rencontrer ton Elodie, si cela n'est pas déjà fait...(NB :C'est marrant, car dans les moments où mon couple ne va pas très bien, il m'arrive de songer à m'inscrire sur Meetic dans le but de trouver une femme tentée par l'aventure de la vie sur un bateau à travers le monde..., une Elodie quoi...)
Bravo pour tout, j'espère que tu rencontreras le succès que tu mérites.
Amitiés,
Jean Gousseau

PS : N'hésites pas à m'envoyer " l'ours des dieux "
PPS : j'ai lu tout le livre sur mon écran de portable avec google earth ouvert, ce qui me permettait d'avoir des aperçus des endroits où tu es allé avec "Lapin".
PPPS : Cela m'a parfois fait  pensé à "into the wild" le film de Sean Penn, dans la quête solitaire de son personnage vers sa "vérité".


Jimmy, un navigateur
Il m'a curieusement fallu plus d'une centaine de pages pour accepter
l'idée de roman. J'ai balancé longtemps. Cela semble d'abord trop
autobiographique, on se dit pendant cent pages que l'auteur n'invente
rien, qu'il fait l'inventaire de ses démons. Ce n'est que petit à petit
que quelque chose se construit avec lequel on peut prendre de la
distance.

J'ai retrouvé dès le départ l'écriture de "La Manche...", en moins
concentré. Le projet est plus ambitieux. J'ai retrouvé le plaisir de la
lecture qu'on n'a pas envie de lâcher, les phrases qui coulent. Au bout
d'un moment, j'y ai trouvé les mêmes points forts. La description des
détails, le sentiment de la nature. Ce qui m'a surpris au début, qui a
continué à me surprendre après des dizaines de pages, c'est le rythme de
l'écriture. Il y a peu de temps forts, peu de temps faibles, on se
laisse prendre par le faux rythme lancinant de l'écriture. Par les
voyages incessants dans le passé. Lentement les changements se
dessinent. C'est un des points forts du récit. La mue lente du
personnage, où on sent s'annoncer chaque changement, où on le voit
tâtonner, s'élever, s'affermir, avancer en réglant de petits problèmes
parfois l'un après l'autre, en se libérant lentement.

Les démons, la crainte de ne pas contrôler omniprésente. Anticiper,
toujours anticiper. Une question ici : ce livre qui a dû être libérateur
ne dessine-t-il pas trop clairement le grand voyage ? Anticiper, là
encore, où il faudrait peut-être s'abandonner un peu ?

L'homme se connaît bien. Il parle admirablement du long commerce avec
ses forces, ses faiblesses, de ses peurs, des névroses qui lui ont
pourri la vie. Il parle de ce qu'il cherche et qui est en train de
naître. Et c'est là où c'est aussi le plus difficile pour le lecteur :
entrer directement, à certains moments (à d'autres, la fiction
lorsqu'elle apparaît masque et protège) dans l'intimité de Lapin. Et
crois-moi, cela est la chose la plus difficile du livre. On se sent
voyeur. Cette impression est renforcée par ce que je considère comme les
deux faiblesses majeures de l'ouvrage. Les dialogues d'abord, qui sont
souvent émouvants de sincérité, comme si ton coeur s'ouvrait, mais aussi
souvent un peu malhabiles et laborieux, un peu "adolescents" si tu me
passes l'expression. Ils veulent être trop chargés de sens, trop lourds.
Ils contiennent trop d'explications littérales, ils veulent tout dire,
ils sont comme des textes à thèse alors que tu sais très bien ailleurs
être sobre ou suggérer. J'étouffe un peu sous leur sentimentalisme
parfois, là où j'aimerais plus de sobriété ou de retenue. Je les prends
pour ton point le plus faible, mais je comprends qu'il te soient
nécessaires. La jolie histoire avec Louise par exemple (tous ceux qui
aiment les femmes savent qu'une femme est aussi belle et aimable à
soixante-quinze ans qu'à vingt-cinq) perd ainsi un peu de la force que
davantage de concentration lui aurait apporté. A plusieurs reprises, on a
l'impression que les mots se bousculent, que tu ouvres toutes les vannes
qui étaient auparavant soigneusement verrouillées.

J'écris, j'écris et j'oublie quelle était l'autre faiblesse. Ah si,
voilà : à côté des belles descriptions de la nature qui t'enveloppe et
des sentiments qui t'emportent, à côté de l'énoncé précis de la vie et
des valeurs qui te portent ou vers lesquelles tu vas, à côté de nombreux
passages qui sont comme des éclats de pierre (l'expression est
faiblarde, mais c'est ce que je ressens souvent, le sentiments de mots
comme des lumières tranchantes, comme des reflets spéculaires sur
l'eau), tu décris superbement les petites choses, les ambiances de rien
du tout. Mais là aussi, tu te laisses parfois emporter, même si ces
lignes, cet ancrage dans la beauté et la simplicité du quotidien le plus
trivial prennent leur place dans l'ensemble, au troisième récit du pipi,
de la bistouquette qui se ratatine ou de la longue bagarre avec la tente
humide, je lâche un peu les pages.

Il en reste une bien belle lecture. Que les quelques petits défauts que
je vois à l'écriture (j'essaie de parler d'abord du livre, puisqu'avant
tout c'est de cela qu'il s'agit, les questions de fond dont je me sens
très proche sont un autre sujet) n'effacent pas le plaisir de la lecture
et la progression remarquablement menée. Seigneur, que la lumière et la
légèreté qui sortent lentement du chaos sont belles dans ces lignes. Tu
écris vraiment bien.

Il y a beaucoup de choses dont j'aurais envie de parler à partir de là.
J'espère que ce sera pour d'autres fois. J'espère enfin qu'il n'y a rien
de blessant dans ces quelques phrases.

Il doit être amusant quelquefois, désespérant parfois de voir ce que
devient le bébé à qui on a donné naissance lorsqu'on le laisse partir
vivre sa vie !
Jimmy


Bernard, un navigateur
Salut Régis
J'ai commencé à lire le journal de bord. Je dois dire que ta façon de rédiger est pas mal parce qu'en plus, comme, j'ai un Trisbal, alors forcément je m'identifie encore plus q'un autre lecteur. Alors en fait,on se retrouve dans l'action, et on y rentre tellement dedans, que tu as cette façon d'écrire qui fait que l'on a du mal à s'arrêter. Et ça c'est bien, et surprenant, et  ça se lit tout seul avec plaisir. Je ne sais pas si la suite continue sur ce rythme mais tu as déjà un sacré savoir faire pour tenir le lecteur en haleine.
Voila c'est mon avis, puisque tu me le demandes !
Bien Cordialement,
Bernard


Bruno, un navigateur
Ton livre m'avait beaucoup plu  et les sentiments du navigateur, qu'il soient maritimes ou amoureux y étaient intéressants.
Merci  pour les bons moments passés en Irlande ou sur son chemin.
Reçois par ailleurs tous vœux pour 2010 puisque c'est l'heure.
Très cordialement
Bruno


Jean-Bernard, un navigateur en Gironde
Je viens de finir votre roman, donc comme promis je vous envoie mes comentaires.

1°) La description du bassin à flot à Bordeaux et de la "faune" qu'il abrite m'a fait bien rire et m'a beaucoup ému à la fois. Je suis souvent allé rendre visite aux Lippinois quand ils y vivaient à bord de Vatéa, et, il y a 20 à 30 ans, j'y avais mon bateau, un petit habitable en contreplaqué de moins de 5 mètres de long, avec mât en bois, voiles en coton, poulies en bois et bronze... Un vrai petit conservatoire flottant des navigations traditionnelles... Sans oublier la lampe à pétrole et la godille comme unique moteur.
    C'est dire si j'ai bien connu le monde des "baseux" de l'époque... Dans les années 80 c'était plutôt ferrociment, acier et vieilles coques en bois où des marginaux, tels de vieux cormorans qui se sèchent éternellement les ailes, préparaient sans fin d'improbables tours du monde, eux aussi... Maintenant le bassin à flot à tendance à "monter en gamme" et un jour il deviendra une marina aseptisée comme les autres. Mais dans ma jeunesse estudiantine j'avais du temps libre, et le bassin à flot, c'était l'antichambre des rêves nautiques.

2°) Votre description du sentiment de vide angoissant qui vous saisit au début d'une grande virée en solitaire est très justement décrite. Je crois que tout les navigateurs éprouvent cette sensation. A commencer par Joshua Slocum, qui décrit une impression semblable au début de son grand voyage.


Laurent, un navigateur
Hello Régis, merci !
J'ai dévoré ton livre, je suis sur le cul, et encore, je ne suis qu'à la page 52 ! C'est bien écrit, poétique, j'adore. Je suis un peu jaloux pour tout dire. Ah cette Canadienne et ce baiser dont ont ne sait pas s'il est romancé où s'il y a plus.
J'aime bien ton côté bourlingueur. Ascète qui doit être bien triste quand il est entouré de vilains ?

Alain, un navigateur Marseillais
Bonjour,
J'étais parti sur 2 a-priori, un livre gratuit ça doit pas casser des briques, mais bon faut bien aider les petits jeunes à réaliser leur rêves!
Dès les premiers chapitres, 2 surprises: la qualité du style et l'age du capitaine. Note: je suis de 53. Et si mon rêve se limite à une traversée sur la Corse, j'ai les mêmes réticences envers la navigation en solo la nuit. Pour l'instant je restaure mon Folie Douce de 71, pour la retraite ? Pour te faire une idée tu peux aller sur le site www.passionfoliedouce.com, Mr Bricolage c'est moi !
Mais revenons au livre. Ce que j'aime c'est "l'humanité" du récit, l'humain étant soi-même et les autres. Tes doutes, tes rêves et tes rencontres... surtout les rencontres.
Plus une touche de poésie!
Plus les belles photos du site!
Allez ... salut l'artiste !
Cordialement,
Alain


Téléchargement (format A4 pour tirage papier et 14/20 pour liseuse)


Jaoul avant le grand départ est disponible au téléchargement en fichier PDF de 196 pages A4 paginé pour être imprimé en recto-verso (1,6 mo). Il est gratuit mais je souhaite  une contrepartie : celle de me donner en retour (sur jaoul27@yahoo.fr) vos impressions sur le livre en vous présentant de manière à ce que je vous connaisse  un peu. Merci.
Bonne lecture !

Livre à télécharger 1,6 MO


Jaoul avant le grand départ est disponible aussi au téléchargement en fichier PDF de 316 pages dans un format 14/20 (1,2 mo) plus adapté
aux  liseuses.

Jaoul Edition-2604066_Liseuse.pdf